Presque confirmé : le Conseil d’orientation des retraites prévoit une aggravation significative du déficit du système face à la chute des naissances

par administrateur | Fév 13, 2026 | retraite | 0 commentaires

C’est un secret de polichinelle qui commence à faire beaucoup de bruit dans les couloirs de Bercy et sur les plateaux télévisés : le système de retraite français file un mauvais coton, et cette fois, ce n'est pas uniquement une question d'âge de départ. Alors que nous sommes début 2026, les voyants rouges clignotent avec une insistance gênante. Le Conseil d'orientation des retraites (COR), cet organisme dont les rapports sont scrutés comme des oracles modernes, s'apprête à revoir sa copie, et pas qu'un peu. La cause ? Une chute vertigineuse de la natalité que personne n'avait anticipée à ce point, combinée à des hypothèses économiques qui ressemblent de plus en plus à des vœux pieux. Le déficit, que l'on pensait maîtrisé ou du moins contenu, menace de se creuser de manière spectaculaire, remettant en cause l'équilibre financier de notre modèle social.

En bref

  • Le prochain rapport du COR, attendu pour juin 2026, devrait acter une aggravation nette du déficit des retraites.
  • L'indice de fécondité a plongé à 1,56 enfant par femme en 2025, bien loin des 1,8 espérés par les modèles prévisionnels.
  • Malgré un solde migratoire plus élevé que prévu (+186 000/an), le vieillissement de la population pèse trop lourd sur les comptes.
  • Le déficit pourrait atteindre 0,8 % du PIB, voire plus, bien avant l'horizon 2070, rendant les précédentes réformes insuffisantes.
  • Une révision officielle des hypothèses démographiques et économiques est programmée pour la séance plénière d'avril 2026.

Le choc démographique : quand les berceaux restent vides

Si l'on devait résumer la situation actuelle par une image, ce serait celle d'une cigogne au chômage technique. La France, championne d'Europe de la natalité pendant des décennies, traverse une crise démographique sans précédent depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Les chiffres sont têtus et, pour tout dire, assez effrayants pour les comptables de la nation : l'indice de fécondité est tombé à 1,56 enfant par femme en 2025. C'est un record à la baisse qui prend à revers toutes les projections optimistes sur lesquelles notre système par répartition est bâti.

Le problème, c'est que le système de retraite fonctionne un peu comme une pyramide de Ponzi légale : les actifs d'aujourd'hui paient pour les retraités d'aujourd'hui, en espérant que les actifs de demain (les bébés d'aujourd'hui, donc) paieront pour eux. Quand la base de la pyramide rétrécit parce qu'on fait moins d'enfants, l'édifice tremble. Ce phénomène, que certains qualifient de déni démographique qui entoure nos retraites, est désormais impossible à ignorer. Moins de naissances en 2025, c'est mécaniquement moins de cotisants en 2045 et au-delà. C'est une bombe à retardement dont la mèche vient d'être allumée, ou plutôt raccourcie, par la réalité biologique du pays.

Historiquement, les démographes et le COR pariaient sur un "rebond" ou au moins une stabilité autour de 1,8 enfant par femme. C'était l'hypothèse centrale, celle qui permettait de dormir sur ses deux oreilles en se disant que "ça passerait". Mais la réalité socio-économique, l'anxiété climatique et les changements de modes de vie ont eu raison de ces tableurs Excel trop parfaits. Nous sommes face à un changement structurel majeur qui ne se réglera pas par une simple allocation familiale supplémentaire.

le conseil d'orientation des retraites anticipe une aggravation significative du déficit du système de retraite, principalement due à la baisse continue du taux de natalité en france.

L'aveu d'échec des modèles prévisionnels du COR

Il faut reconnaître une certaine honnêteté intellectuelle au Conseil d'orientation des retraites : ils admettent s'être plantés. Dans une lettre récente repérée par la presse économique, l'organisme prépare le terrain psychologique avant la publication officielle de son rapport. Les experts du COR reconnaissent que "les observations récentes s’écartent sensiblement des hypothèses retenues". C'est une façon polie de dire que leurs prévisions étaient à côté de la plaque. Jusqu'ici, le COR anticipait un déficit "gérable" de 0,2 % du PIB en 2030 (environ 6 milliards d'euros). Ce chiffre semble aujourd'hui aussi crédible qu'une promesse de politicien en campagne.

Gilbert Cette, le président du COR, avait déjà vendu la mèche lors d'une audition à l'Assemblée nationale, expliquant qu'il faudrait "sans doute revenir" sur ces scénarios trop roses. Le rendez-vous est pris pour avril 2026 : c'est à cette date que les hypothèses seront officiellement recalibrées avec l'aide de l'Insee. Pourquoi avoir attendu ? L'organisme voulait s'aligner sur les nouvelles projections de l'Insee et ne pas contredire trop vite les travaux de la Cour des comptes. Une prudence administrative qui, aujourd'hui, se heurte au mur de la réalité.

Le mirage de l'immigration et la réalité comptable

Face à la pénurie de berceaux, certains observateurs pointent souvent du doigt l'immigration comme la variable d'ajustement magique. "Pas assez de bébés ? Faisons venir des travailleurs !" Sur le papier, le calcul se tient, et les chiffres récents semblaient même aller dans ce sens. Entre 2018 et 2022, le solde migratoire a été de +186 000 personnes par an en moyenne, bien au-dessus de la cible de +70 000 retenue par les modèles initiaux du COR.

Cependant, croire que cela suffira à sauver le soldat "Retraite" est une erreur d'analyse. Si cet afflux de main-d'œuvre offre une bouffée d'oxygène à court terme en augmentant le nombre de cotisants immédiats, l'effet s'inverse sur le long terme. Ces travailleurs immigrés vieillissent eux aussi (c'est le défaut de la condition humaine) et acquièrent des droits à la pension. Le COR le souligne très justement : l'effet bénéfique sur le solde financier sera réduit à terme par la hausse des dépenses. Autrement dit, on déplace le problème dans le temps sans le résoudre structurellement. Le système a besoin d'une croissance démographique endogène soutenue pour rester à l'équilibre sans ajustements paramétriques brutaux.

Voici un tableau comparatif pour visualiser le décalage entre les rêves des prévisionnistes et la dure réalité de 2026 :

Indicateur Prévisions initiales du COR (Scénario central) Réalité observée / Nouvelles projections (2026) Impact sur le système
Indice de fécondité 1,80 enfant / femme 1,56 enfant / femme Baisse drastique du ratio cotisants/retraités à long terme.
Solde migratoire annuel + 70 000 personnes + 186 000 personnes (moyenne récente) Gain à court terme, mais hausse des futures pensions à verser.
Déficit en 2030 (% PIB) 0,2 % > 0,4 % (estimation révisée probable) Besoin de financement immédiat accru.
Part des dépenses (2070) 14,2 % du PIB Vers 14,8 % du PIB Le poids des retraites s'alourdit considérablement.

Vers une facture salée : les nouvelles projections financières

Si l'on sort la calculatrice (et les mouchoirs), l'addition s'annonce salée. Le déficit ne sera pas une petite virgule dans le budget de l'État, mais un véritable boulet. Avec un indice de fécondité durablement ancré autour de 1,6, le ratio des dépenses de retraite par rapport au PIB va déraper. Le COR prévient : si tout va "bien" jusqu'au milieu des années 2040, la situation se dégrade ensuite rapidement. L'écart avec le scénario de référence pourrait atteindre 0,6 point de PIB en 2070.

Concrètement, cela signifie que les dépenses de retraites pèseraient près de 14,8 % de la richesse nationale, contre les 14,2 % espérés. Cela peut sembler être des "virgules" pour le commun des mortels, mais en économie publique, 0,6 point de PIB représente des dizaines de milliards d'euros qu'il faudra trouver quelque part. Soit en augmentant les impôts (impopulaire), soit en baissant les pensions (politiquement suicidaire), soit en faisant travailler les gens encore plus longtemps (socialement explosif). Pour comprendre l'ampleur du désastre, il faut consulter les projections du COR d'ici à 2070 qui, même dans leurs versions antérieures, n'étaient déjà pas folichonnes.

Équilibre du Système des Retraites

Simulateur : Quel âge de départ pour compenser la démographie ?

1.56
1.2 (Bas) 2.1 (Renouvellement)

Nombre moyen d'enfants par femme. Une baisse réduit le nombre futur de cotisants.

1.0%
0.5% (Stagnation) 2.5% (Forte)

Taux de croissance annuel des revenus. Influe sur les recettes des cotisations.

Âge de départ nécessaire
64.0 ans
L'équilibre actuel est maintenu à 64 ans.
Basé sur les projections démographiques du COR

Une suspension de réforme qui complique tout

Comme si l'équation n'était pas assez complexe, le contexte politique de 2026 ajoute une couche d'incertitude. La récente suspension de la réforme des retraites, décidée sous la pression de la rue et d'une Assemblée fragmentée, n'a pas été intégrée dans les calculs préliminaires du COR. Pourtant, son impact est immédiat : les économies escomptées ne rentrent pas. C'est un peu comme décider d'arrêter de rembourser son crédit immobilier parce que les taux ont changé : la banque (ici, la démographie) finit toujours par frapper à la porte.

Le déficit structurel, qui devait être comblé progressivement, se retrouve donc orphelin de solution. Le gouvernement se trouve dans une impasse : relancer une réforme impopulaire dans un contexte de baisse des naissances revient à dire aux Français : "Vous faites moins d'enfants, donc vous allez travailler plus longtemps pour compenser". Un message marketing difficile à vendre, même pour les meilleurs communicants de l'Elysée.

Quelles solutions sur la table ? Le spectre des 67 ans

Face à ce constat implacable, le COR, dans son rôle de conseiller technique (et de trouble-fête), ne manque pas d'idées, même si elles sont toutes douloureuses. L'une des pistes qui revient avec insistance est le recul de l'âge légal. Si la démographie ne fournit pas assez de cotisants, il faut garder les vieux cotisants plus longtemps au travail. C'est une logique arithmétique froide.

Certains scénarios extrêmes évoquent déjà la nécessité de reculer l'âge de départ à 66,5 ans à l'horizon 2070 pour maintenir les pensions à leur niveau actuel par rapport aux revenus d'activité. Une perspective qui fait bondir les syndicats et qui promet des automnes sociaux très chauds. L'idée serait de lier mécaniquement l'âge de départ à l'espérance de vie et au ratio démographique, un système "à la suédoise" ou "à l'allemande", mais appliqué à un peuple gaulois réfractaire au changement.

L'autre option, moins souvent évoquée publiquement car politiquement toxique, est la désindexation partielle des pensions. Autrement dit, geler ou sous-indexer les retraites par rapport à l'inflation pour réduire la facture. Mais toucher au pouvoir d'achat des retraités, qui sont aussi les électeurs les plus assidus, est une ligne rouge que peu de gouvernements osent franchir.

La grande explication d'avril 2026

Tous les regards sont désormais tournés vers la séance plénière du COR d'avril 2026. Ce ne sera pas une simple réunion technique autour de croissants et de café tiède. Ce sera le moment de vérité où l'on arrêtera de faire semblant. Les nouvelles hypothèses de l'Insee serviront de base à une refonte complète des modèles de projection. C'est là que l'ampleur du "trou" sera officiellement quantifiée.

Il est fort probable que le COR propose un éventail de scénarios, du plus optimiste (reprise soudaine de la fécondité, plein emploi miraculeux) au plus sombre (stagnation séculaire, effondrement démographique). Mais le scénario central, celui qui servira de boussole aux politiques publiques, sera forcément revu à la baisse. Le diagnostic financier révisé risque de faire l'effet d'une douche froide, obligeant l'exécutif à remettre le dossier des retraites sur le haut de la pile, qu'il le veuille ou non.

Pourquoi le déficit des retraites s'aggrave-t-il malgré la réforme ?

Le déficit s'aggrave principalement à cause de la chute inattendue de la natalité (1,56 enfant/femme au lieu de 1,8 prévu). Moins de naissances signifie moins de futurs cotisants pour payer les pensions, un paramètre que la réforme précédente n'avait pas suffisamment anticipé.

Quand le prochain rapport du COR sera-t-il publié ?

Le rapport annuel complet du Conseil d'orientation des retraites sera publié en juin 2026, mais les nouvelles hypothèses de calcul (fécondité, mortalité, chômage) seront discutées et fixées dès la séance d'avril 2026.

L'immigration peut-elle sauver le système des retraites ?

À court terme, l'immigration apporte des cotisants supplémentaires et aide à l'équilibre. Cependant, à long terme, ces travailleurs vieillissent et deviennent eux-mêmes des retraités, ce qui augmente les dépenses. Ce n'est donc pas une solution miracle pérenne sans une démographie dynamique.

Le COR propose-t-il de reculer l'âge de départ à 67 ans ?

Le COR ne décide pas, il éclaire. Cependant, dans ses scénarios pour équilibrer le système face à la baisse démographique, l'hypothèse d'un recul de l'âge de départ au-delà de 64 ans (vers 66 ou 67 ans à long terme) est mathématiquement évoquée comme un levier puissant d'ajustement.

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Rencontrez Marie Dupont, notre experte en planification de la retraite. Avec plus de 20 ans d'expérience dans le domaine, elle partage ses connaissances et ses conseils pour vous aider à naviguer sereinement vers votre nouvelle vie.

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